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Morbihan L'Assemblée Nationale Actualité
 
Image culturelle et image économique de la Bretagne
Mardi 23 Oct. 2007

Le phénomène culturel breton est assez extraordinaire. L’intérêt pour la culture bretonne a revêtu, depuis un siècle, des formes diverses. Il s’est exprimé dans des courants politiques qui ont été tantôt de droite, tantôt de gauche, et dans les deux cas souvent extrêmes. Aujourd’hui, la culture bretonne ne connaît plus ces adhérences fâcheuses. Elle est un bien commun des Bretons.

 

Extraordinaire par exemple, le renouveau de la musique : là où d’autres régions peinent à faire vivre une musique traditionnelle, folklorique, totalement figée, la musique bretonne fait preuve de vitalité, d’inventivité, sans rien perdre de son caractère originel. Son public est beaucoup plus large que le public régional. Elle fait partie, pleinement, de la création musicale contemporaine.

C’est un atout remarquable pour la Bretagne d’avoir ainsi une culture vivante. Atout pour ses habitants, qui y trouvent une évidente satisfaction, atout pour son image à l’extérieur, à laquelle sa culture contribue beaucoup aujourd’hui.

Ce que nous devons tenter de faire maintenant, c’est d’associer l’image culturelle de la Bretagne et son image économique. Nous savons, dans l’ordre culturel comme dans l’ordre économique, conjuguer sérieux et créativité. Nous savons respecter nos traditions en étant totalement ouverts au monde moderne. Ce sont des valeurs qui comptent aujourd’hui. Notre culture véhicule une belle image de notre région. Faisons en sorte que l’on sache aussi que nos productions sont de qualité, que les biens et services bretons méritent un intérêt particulier.

Nous avons une identité culturelle forte, de plus en plus reconnue. Travaillons à affirmer notre identité économique, à mettre en exergue la qualité bretonne. Voilà une ligne directrice pour une politique économique bretonne qui manque actuellement de lisibilité. Cela passe par l’identification et l’affirmation de nos points forts, en matière de formation, en matière de recherche, en matière de qualité. Il y a place pour une politique déterminée, conduite dans la durée, visant à créer une image économique aussi forte que notre image culturelle.


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Il ne faut pas se foutre des bretons !
Mardi 28 Août 2007
Les propos rapportés de Nicolas SARKOZY par Madame REZA au sujet des bretons et des "connards" du CROSS-CORSEN font évidemment partie - s'ils sont exacts - de ces mots prononcés sous l'empire de la fatigue ou de la colère et ne doivent pas être pris au pied de la lettre. Mais ils me donnent l'occasion de dire qu'il ne faut pas "se foutre des bretons".
 
D'abord, par principe, il n'est pas moral de fustiger ou de dénigrer une catégorie quelle qu'elle soit. Ensuite, parce que les bretons incarnent, au sein de notre communauté nationale, des valeurs importantes. La Bretagne et les bretons ont une identité, ancrée dans la tradition mais bien vivante. Les bretons ont leur part dans l'histoire de notre pays, dans ses succès comme dans ses malheurs, et elle n'est pas médiocre. Pas très loin du CROSS, il y a l'île de Sein, et ses marins qui furent parmi les premiers à Londres en 1940... La Bretagne est une région où les résultats scolaires sont parmi les meilleurs de France, où travaillent des chercheurs, dans les télécommunications ou l'océanographie, qui sont parmi les meilleurs du monde. La Bretagne est une région qui a accompli un miracle économique depuis les années 60, et qui, sans le poids de l'Etat et les pesanteurs françaises, pourrait sans doute faire beaucoup mieux, à l'instar de sa cousine irlandaise. La Bretagne est la région la plus maritime de France dans un pays qui l'est trop peu. Et il faut rendre hommage à ceux qui, chaque jour, surveillent la circulation des navires à la pointe de Bretagne dans des eaux parmi les plus fréquentées du globe, et parviennent, avec des moyens limités, à éviter accidents et catastrophes par leur veille constante, compétente et attentive.

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L'établissement public foncier régional, une imbécillité politico administrative
Lundi 23 Juillet 2007
La question de l'établissement public foncier régional (EPFR) a défrayé la chronique en Bretagne au cours des derniers mois, et reviendra sans doute bientôt sur le tapis! Je voudrais développer ici les aspects techniques, économiques et politiques de ce dossier.
 
Techniquement, il s'agit d'un établissement de portage, qui se substitue aux communes pour acheter des terrains, en supporte le financement pendant quelques années, et les revend à la collectivité au prix coûtant, c'est à dire au coût d'acquisition plus les coûts d'emprunt.

Quel intérêt? Celui-ci est assez limité : il s'agit de venir en aide aux communes qui n'auraient pas les moyens d'emprunter pour financer des réserves foncières. L'intérêt est aujourd'hui faible pour plusieurs raisons : d'abord, peu de communes sont à la la limite de leur capacité d'emprunt, et si elles le sont, c'est un sujet d'inquiétude qui dépasse de beaucoup les seules questions foncières. Deuxièmement, les taux d'intérêt sont aujourd'hui à un niveau qui rend les frais financiers très légers. Enfin, dans une région comme la Bretagne, il n'y a pas de risque concernant la valeur à terme des terrains acquis qui valent au bout de quelques années beaucoup plus que leur prix d'acquisition. Ceci rassure évidemment les établissements financiers sollicités par une commune.
Il me paraît utile de préciser que cette technique de portage financier ne gomme en rien les évolutions du prix des terrains. Une commune a en réalité le choix d'acheter elle-même et de payer les intérêts d'un emprunt, ou de passer par l'établissement public qui lui facturera ces mêmes frais financiers. Si elle fait une bonne affaire en achetant un bien qui aura pris beaucoup de valeur 5 ans après, la bonne affaire est la même, qu'elle passe ou non par l'EPFR.
On met parfois en avant la capacité technique d'un tel établissement dans l'acte lui-même d'acquisition des terrains. Outre qu'il ne s'agit pas d'une matière très complexe, j'ai souvent observé que la principale difficulté était de convaincre les propriétaires de vendre leurs biens, ce que des élus font généralement beaucoup mieux que des techniciens.

Alors pourquoi autant d'enthousiasme de la part de certains pour l'EPFR ? Pourquoi autant de réactions outragées, lors que l'instrument est dans sa finalité même contesté ? La raison en est simple : l'EPFR fait l'objet d'une exploitation politique de la part principalement du président du Conseil régional de Bretagne, qui le présente faussement comme un moyen de lutte contre la montée générale des prix du foncier dans notre région.
Comment un outil de simple portage financier, pourrait-il, à l'échelle d'une région, permettre de maîtriser le prix des terrains ? Il faudrait pour s'en convaincre remettre en cause les lois fondamentales de l'économie car toutes choses égales d'ailleurs, on voit mal comment un outil présenté comme renforçant le potentiel d'achat des collectivités pèserait à la baisse sur le prix du foncier. En vertu de la loi de l'offre et de la demande, c'est en réalité le contraire qui se produit ! Ce qui provoque la hausse des prix c'est la rareté des terrains à vendre. Lorsque la collectivité via ou non l'EPFR achète beaucoup, la rareté augmente et les prix avec elle!
Quand à l'idée selon laquelle, à la sortie, les collectivités peuvent vendre moins cher à des particuliers, cela pose de redoutables problèmes. En effet, apparaissent très vite des inégalités difficilement justifiables. Comment choisir ceux qui bénéficient des terrains vendus moins chers par la Ville, et ceux qui devront payer le prix fort ? Les critères de revenus sont très contestables, car tel qui est modeste un jour, peut-être devenu très propère quelques années après quand il réalisera une confortable plus-value en revendant son bien. C'est aussi une redistribution à l'envers, car elle exclut évidemment les plus pauvres, qui eux n'acquerront jamais un bien immobilier. En tout état de cause, le reste du marché continuera de fonctionner selon la loi de l'offre et de la demande, l'offre s'étant par hypothèse raréfiée.
Comment ne pas penser aussi au risque de clientélisme qui consiste pour certains élus à avantager dans les attributions de terrains bon marché, ceux qui leur sont proches ? Croyez-moi cette question n'est pas théorique!

L'argument de l'impact sur la hausse des prix du foncier est donc fallacieux. Facilité politique, pour ne pas dire abus de présentation ou malhonnêteté intellectuelle, mais aussi réelle volonté de se doter d'un outil administratif et politique supplémentaire : la gauche adore les instruments qui donnent l'illusion de l'action des pouvoirs publics, emploient des fonctionnaires et consomme de l'argent public. C'est la raison première de l'alliance objective fréquente entre les administrations et la gauche. Ce dossier en est une illustration frappante. Lancée par une préfète, poussé par le ministère de l'équipement, il a été repris au vol sur le plan politique par le Parti socialiste breton.

Je souhaite vivement que le Gouvernement n'aille pas au secours de cette manoeuvre. Un décret est en effet nécessaire pour que l'EPFR soit assorti d'une fiscalité supplémentaire. Que l'on nous épargne un impôt régional de plus !
Ce qui me rend optimiste, c'est que de nombreux élus bretons, y compris de gauche, n'ont pas mordu à l'hameçon, et vu clairement qu'ils n'avaient nul besoin de payer pour un établissement sans utilité !


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De retour sur le blog
Lundi 16 Juillet 2007
Bonjour à tous,
J’ai fait l’expérience du blog lors de ma dernière campagne pour les élections législatives. J’ai apprécié la spontanéité des échanges que cet outil permet. Pour un homme politique, c’est un moyen de communication exceptionnel car il est affranchi du filtre médiatique et qu’il suscite comme aucun autre le dialogue direct. Je vous propose d’y exprimer régulièrement des idées touchant à l’actualité nationale et bien sûr aussi à l’actualité bretonne.
Mon premier billet est consacré à la difficulté de réformer dans notre pays. Les sujets ne manqueront pas dans les prochaines semaines d’illustrer ce propos général. A très bientôt sur le blog.

François GOULARD
 

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